Noël en famille #1

Ah Noël, Noël…..Immédiatement des images ultra-poétiques et réjouissantes défilent devant mes yeux de grande adulescente: les flocons de neige qui virevoltent, les vitrines animées, les rues illuminées, enfin pouvoir sortir ma nouvelle fausse-fourrure-Asos-qui-déchire -parce qu’en mi-saison j’avais juste l’air d’un yéti échappé du zoo- , le chocolat chaud, la fumée qui sort de la bouche quand tu parles comme si tu pompais frénétiquement sur ta nouvelle cigarette électronique dernier modèle style train à vapeur du XIXe siècle… Ah Noël…. Et puis, d’un coup, BAM ! Ma mémoire revient. C’est brutal.

NOËL = REPAS DE FAMILLE !!!

Et là changement de perspective, fini le cocoon au coin de la cheminée avec petits chaussons en laine et tasse de thé. Rien d’extraordinaire, m’objectez-vous déjà. Evidemment je vous l’accorde que l’organisation de Noël est une prise de tête pour tout le monde. Mais comprenez bien que chez nous ce mot est un euphémisme, une douce caresse par rapport à la réalité. Un casse-tête chinois à côté c’est à peu près l’écart qu’il y a entre les émissions de la chaîne parlementaire et celles de Cyril Hanouna.

 Pourquoi ? Mais parce que nous, en bonne famille du XXIe siècle on est tous décomposés puis recomposés. On a mis un point d’honneur à faire mentir les statistiques !! « A Paris, un couple sur 2 divorce ». Eh ben chez nous c’est 2/ 2, 100% de gagnants !!

 Le problème c’est que visiblement on a mal remis les pièces du puzzle après avoir  récupéré les morceaux dans la poubelle. C’est comme si on s’était tous séparés, qu’on avait tout mis dans un grand shaker secoué très fort et versé tel quel sans passer au mixer. Du coup, le portrait de ma famille ressemble aux tableaux de Picasso où la dame a  le pied en guise de bouche et son sexe à la place de l’oreille.

picasso_la-famille

Pourtant chaque année on y retourne et ca se passe à peu près comme ça :

Etape 1 : Environ mi novembre. On commence par la date. Ben facile me direz vous Noël c’est le 24 au soir ou le 25 selon les traditions familiales… Voui, voui sauf qu’il faut combiner du « la moitié des vacances scolaires » avec du « semaines 1, 3, 5 » et du « semaines paires et impaires » pour avoir une chance d’avoir les enfants- 2 chez mon frère, et 3 chez moi-. Pas encore de raison de s’écharper puis que les grands coupables sont, soit le juge des affaires familiales « complètement déconnecté de la réalité des familles », soit le calendrier républicain qui n’a pas su s’adapter au monde moderne et ne prévoit pas encore de 24 bis ou 25 bis décembre. Non jusque là ça va, on arrive à trouver une date entre le 1er décembre et le 31 janvier où l’on va pouvoir fêter Noël tous ensemble.

TOUS ENSEMBLE ?????

COUIC, CRAC, OUCH, BOUM !!! C’est là que la machine se grippe et tousse.

Vous comprenez bien que c’est pas le tout d’avoir les enfants mais il y a aussi la sensibilité des adultes à ménager. Et dieu sait si c’est sensible un adulte !!

Hors de question pendant les années qui ont suivies le remariage de mon père, que ma mère fête Noël en présence de sa nouvelle femme (celle de mon père). Et puis il y a aussi mon beau-père (le compagnon de ma mère) qui aimerait bien que ses enfants se joignent à nous, alors qu’eux aussi ils ont une mère de l’autre côté et une belle-famille parce qu’ils sont mariés. Et c’était pire quand il fallait tenir compte de la famille de la nouvelle femme de mon père mais par chance sa mère est morte l’an dernier ça a un peu simplifié les choses.

Je sens que vous décrochez. Normal. Je ne peux pas vous en vouloir parce que même moi je m’y perds. J’aurais du faire un schéma.

Vous me direz de quoi te plains-tu, les divorcés n’ont plus les belles-familles à gérer.

Ben si curieusement.

Je m’explique. Mon frère s’entend comme cul et chemise avec son ex-femme et ses parents qui faisaient donc partie du joyeux melting-pot décrit plus haut. Mais aujourd’hui, après 9 ans de célibat, alors que nous n’y croyions plus, c’est le parfait amour entre lui et Marine avec laquelle il s’est récemment recomposé dans son appartement. Loin d’être un soulagement, la décision de ma mère d’accepter de fêter Noël avec ma belle-mère –Rappel : la nouvelle femme de mon père- et mes 2 demi-sœurs est donc vraiment un sale coup.

Ben oui, lui il veut un Noël avec la mère de ses enfants ET un Noël avec Marine. Sauf que moi, ça me gave de faire 2 Noëls à la suite parce que j’essaye péniblement de ne pas prendre plus que mes 5 kg habituels de l’hiver et que ce 2e repas c’est inévitablement 1 kg direct dans les fesses c’est sûr.

Donc retour à l’étape 1, sauf que maintenant on est mi-décembre… avec à régler la question supplémentaire : de COMBIEN de Noël on a besoin cette année ? Là évidemment l’ambiance commence à se tendre…Vous sentez ? 

C’est à peu près à ce moment là qu’on est tous au maximum de la détestation les uns des autres. Je le sais, on le sait tous. D’ailleurs il est possible de mesurer précisément le taux de haine contenue en lisant les échanges mel qui tournent depuis 2 semaines avec les listes de cadeaux de chacun. Attention sachez bien lire entre les lignes car c’est assez subtil. [A suivre…]